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Quelle source d’énergie choisir pour mon logement ?

Publié le 9 septembre 2019 - Mis à jour le 4 mai 2024

La rentrée est arrivée et les inquiétudes qui vont avec aussi. Parmi elles, on le sait bien le pouvoir d’achat, une des préoccupations centrales des Français. En effet, après les chaleurs de l’été arrivent plus vite qu’on ne le croit les vagues de froid de l’hiver. Redémarre alors tout doucement la saison des pulls mais aussi des pics de consommation d’énergie. En effet, le chauffage est l’un des postes de dépenses les plus importants.

Selon EDF, il correspond à 62% de nos dépenses en énergie. Le reste est divisé entre la production d’eau chaude, la cuisson, l’éclairage et l’utilisation d’appareils domestiques. Si l’électricité comme énergie d’éclairage et d’électroménager fait immédiatement sens, il en va autrement du chauffage et de l’eau chaude.

Dès lors, comment bien se chauffer sans voir son budget énergie exploser ?  Quelle source d’énergie est la plus adaptée pour un ménage aujourd’hui ? Comwatt fait le point avec vous. 

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Le fioul et le gaz naturel, des énergies déjà dépassées

La clé des économies se réside en général dans les stratégies de longue durée. Dès lors, le recours aux énergies fossiles apparaît vite absurde. En effet, ces dernières ont beaucoup de mal à prendre le pas de la transition énergétique. 

En premier lieu, le fioul combustible très polluant est dans le viseur des politiques environnementales. Edouard Philippe, le premier ministre a d’ailleurs annoncé la fin des chaudières au fioul d’ici 10 ans au profit de modes de chauffage plus écologiques. Outre l’aspect écologique, la décision prend tout son sens en matière d’économie. Produit dérivé du pétrole, le fioul est également synonyme de dépendance énergétique. Il augmente donc en fonction du prix du baril. Or, depuis 20 ans, globalement, ce dernier a eu tendance à voir ses prix partir à la hausse. Selon l’Insee, le prix du barril de pétrole brut (Brent) était estimé à 52 euros en janvier 2019, soit deux fois plus qu’en l’an 2000 (25 euros). 

Concernant le gaz naturel, la situation est assez similaire. Energie fossile, elle est en quantité limitée sur la planète. Selon les chiffres de la British Petroleum (BP), il ne resterait que 50 années de réserve de gaz naturel dans le monde, à consommation équivalente à l’année 2018. Or la consommation ne cesse d’augmenter, notamment drainée par la demande chinoise. Dès lors, à moins de découvrir, d’ici peu, d’autres réserves de gaz, on peut penser que la planète sera à cours rapidement. D’autre part, la France dispose de réserves très limitées en gaz. Dans une même logique d’indépendance, chacun a donc plutôt intérêt à se tourner vers des systèmes de chauffage alternatifs. 

Biomasse et Biométhane, une fausse bonne idée

En matière de chauffage, les énergies telles que la biomasse et le biogaz sont souvent plébiscitées car jugées écologiques. Une idée reçue, qui induit les consommateurs en erreur ! 

La biomasse, énergie produite à base de bois et de sous-produit du bois ne fait pas partie des sources les moins polluantes. La problématique est soulevée par de nombreux acteurs et notamment des ONGs de protection de l’environnement. En effet, le recours à la biomasse forestière implique de se procurer du bois des forêts pour le brûler. Or les forêts restent des « puits de carbone » naturels. Les exploiter pour réduire les émissions de CO2 est donc contreproductif, surtout à l’heure où l’Amazonie prend feu. Comme le souligne, Linde Zuidema, juriste de l’ONG Fern, « les arbres ne poussent pas assez vite pour compenser ces émissions initiales, ce qui veut dire que le bois n’est pas une bonne alternative aux combustibles fossiles. » Un constat également partagé par GreenPeace Canada qui fait savoir que les centrales électriques nord-américaines tournant à la biomasse rejettent « jusqu’à 150% de plus de CO2, 400% de plus de monoxyde de carbone irritant pour les poumons, et 200% de plus de particules fines qui causent l’asthme ». Côté prix, l’investissement de départ est souvent lourd pour les foyers, rendant la biomasse peu rentable. Dans l’Hexagone, le prix d’une chaudière biomasse coûte entre 3 000 euros à 25 000 euros et ce, sans compter la main d’œuvre nécessaire à la pose et la fourniture en bois ou granulés de bois. 

Il en va de même pour le biométhane, du gaz produit grâce aux déchets agricoles. A première vue, il s’agirait bel et bien d’un gaz vert fruit d’une économie circulaire et vertueuse. Pourtant, il suscite de plus en plus de méfiance. De nombreuses associations mettent en garde contre les dérives de la méthanisation. En effet, les centrales de biogaz sont souvent synonymes de nuisances olfactives et sonores. D’autre part, le processus de méthanisation génère aussi de la pollution. C’est ce qu’explique Daniel Chateigner, professeur de physique à l’université de Caen.

Selon lui, « le principe de la méthanisation est de transformer des déchets organiques en biogaz, composé essentiellement de méthane. Mais le processus génère d’autres gaz, comme le sulfure d’hydrogène (H2S). Il est non seulement toxique mais aussi très corrosif. A force, il peut percer les tubulures d’un méthaniseur et provoquer des fuites de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le C02. »

Enfin, le biogaz ne rime pas forcément avec pouvoir d’achat. Aujourd’hui, se fournir au gaz « vert » reste encore très cher et peu de fournisseurs le proposent. Le prix du kWh de biogaz est souvent plus cher que le prix du kWh de gaz aux tarifs réglementés. Sans compter les frais d’acheminement et les taxes liés à l’énergie, qui n’en finissent pas de plomber la facture de gaz. 

Le tout-électrique, une solution d’avenir ? 

Les combustibles fossiles ou organiques ne sont donc pas les plus adaptées aux problématiques de chauffage des Français. Mais alors qu’elle pourrait être la solution ? Chez Comwatt, nous prenons le pari de nous appuyer sur un système très franco-français, aujourd’hui décrié : le chauffage électrique. 

En effet, l’exception française existe aussi en matière d’énergie. Contrairement à nos voisins européens, le chauffage électrique est majoritaire dans l’Hexagone. Si l’on en croit l’Ademe, 34% du parc immobilier français