[Café-Débat Comwatt TV & TECSOL] Le solaire face au plan de relance gouvernemental

Pour comprendre la transition énergétique, faut-il écouter les théoriciens ou ceux qui sont sur le terrain ? COMWATT décide de faire parler le terrain et organise gratuitement tous les mardis un café-débat de 18h30 à 19h30,  pour vous aider à démêler le vrai du faux. Sans sujet tabou, du moment que c’est fait avec respect. Chaque mardi, nous invitons aussi des champions, des associations de consommateurs, des experts, des citoyens impliqués etc…

Et mardi 13 Octobre 2020, nous avons eu le plaisir de recevoir l’une des personnalités les plus emblématiques du secteur de l’énergie solaire : André JOFFRE, Fondateur de TECSOL. Nous avons abordé ensemble la question : Le solaire face au plan de relance gouvernemental. Dans cette vidéo, il explique :

  • Pourquoi le fait de comptabiliser la production solaire comme dispositif d’économies d’énergie dans les bâtiments public est LA porte ouverte vers un changement radical de modèle ?
  • Pourquoi le solaire est bloqué depuis 1986 en France ?
  • Comprendre que sans l’intervention de l’Europe dans les années 2000, nous n’aurions pas de renouvelables en France.
  • Comprendre que les panneaux avec des batteries est une disruption qui va bouleverser le marché
  • La place de la voiture électrique dans ce dispositif  et l’exemple du projet Flexitanie
  • Pourquoi les producteurs de l’ancien monde freinent-ils ?
  • Pourquoi les assurances du solaire sont difficile à obtenir et quel sont les signes d’espoir
  • Quel sont les levier pour accélérer la transition énergétique et écologique ?
  • Faut-il installer soi-même les panneaux solaires ?
  • Comment bien choisir son installateur photovoltaïque ?
  • Faut-il relocaliser la fabrication des panneaux en France ?
  • Que disent les sondages d’opinion sur l’envie des français de passer à l’autoconsommation ?

Envie de débattre en direct avec nous ?

Ces cafés-débats ont lieu tous les mardis en fin de journée. Réservez votre place et venez poser toutes vos questions à notre équipe et à notre invité de la semaine.

Grégory Lamotte (GL) : Bienvenue à tous chez COMWATT TV pour ce rendez-vous hebdomadaire, tous les mardis de 18h30 à 19h30. L’idée est de parler, sans langue de bois, de l’actualité du solaire surtout dans le résidentiel. Le but est de discuter entre experts chaque semaine. Cette semaine c’est André Joffre. Merci André Joffre d’avoir accepté cette invitation.

Il va nous présenter l’actualité de son point de vue et après vous serez invités à poser vos questions sur ce que va dire André. N’hésitez pas à poser des questions soit en prenant la parole soit en posant des questions par écrit dans le chat que je relierai. J’ai aussi prévu quelques questions à poser à André. L’idée est d’être détendu. On n’est ni à l’Assemblée Nationale ni à une conférence. On est juste entre gens intéressés et passionnés par le solaire, tous de bonne volonté. On peut tous avoir des avis différents. J’invite même les gens qui sont contre les énergies renouvelables à pouvoir participer. Il n’y a pas de problème qu’ils viennent tant qu’ils amènent des arguments. On peut discuter de tout mais il faut le faire avec respect, c’est la seule contrainte qu’on impose.

André, je te laisse te présenter. Tous ceux qui sont connectés te connaissent, mais il y a peut-être des gens qui ne te connaissent pas, s’il te plaît, est-ce-que tu peux te présenter brièvement et ensuite enchaîner sur ce que tu as sur le cœur actuellement à propos du solaire et du plan de relance.

André Joffre (AJ) : Merci de ton invitation. C’est très sympathique de faire des petites réunions comme celles-là. Les médias de type réseaux permettent d’avoir des mini-émissions qui sont très intéressantes, surtout si tu arrives à installer au fil des semaines tous les mardis soirs un rendez-vous périodique.

Je suis ingénieur de formation, j’ai fait les arts et métier, il y a très longtemps, et ça fait 40 ans cette année que je travaille dans l’énergie solaire. Je commençais en 1981 et j’ai fait plusieurs d’activités dans ma vie. D’abord, j’ai travaillé dans une grande entreprise qui était la filiale de ce qui s’appelle aujourd’hui le groupe Safran qui fabriquait des moteurs de fusée et qui avait aussi une activité dans le solaire. J’ai dirigé la filiale de cette boîte qui fabriquait les chauffe-eau solaires, à Perpignan, pendant à peu près 6-7 ans, c’était ma première activité.

En 1986, le solaire a été interdit en France quand l’électricité nucléaire a produit ces électrons à bas prix et surtout en grande quantité. On nous a demandé d’arrêter toute activité, l’entreprise à laquelle je travaillais, qui était une entreprise nationale, a été sommée par des pouvoirs publics d’arrêter de travailler dans le solaire. Il a fallu recaser tout le monde et je n’ai pas voulu partir comme on me l’a proposé pour fabriquer des moteurs de fusée. J’ai pensé que le solaire avait encore de beaux jours, mais je ne pensais pas que ça prendrait autant de temps pour être clair. Je pensais qu’on verrait arriver les choses plus vite. Donc, on a passé quinze ans, pratiquement terrible, de 1986 à 2000, où il n’y avait pas de politique en France en matière d’énergies renouvelables et de solaire. Ce n’est qu’en 2000 où on a commencé à voir l’embryon d’intérêt pour le sujet.

Par la suite, on a développé et on est allé voir Bruxelles, nos amis européens, on leur a dit que les Français ne veulent pas faire du solaire. Ainsi, les Bruxelles nous ont aidé avec quelques régions en Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées à l’époque, qui a continué à financer un petit peu des projets. On a réussi à recruter un ingénieur tous les ans. On était parti de quatre associés et on se trouve aujourd’hui à 45 personnes à peu près sur tout le territoire, dans les différentes agences et outre-mer puisqu’on a une filiale importante aux Antilles où on a une dizaine d’ingénieurs, également à la Réunion.

Donc, ce fut la carrière qui arrive un peu à son terme dans quelques années, dans dix ans à peu près. Je suis le fondateur de TECSOL et j’ai le plus de rôle opérationnel. Christophe Courtois est le directeur général de l’entreprise et j’essaie de l’aider de tout mon possible sur certains dossiers, d’essayer de représenter le groupe un peu obscène de différentes instances notamment syndicales. Dieu sait s’il y a du travail à faire effectivement pour du lobbying, pour faire avancer un petit peu les idées du solaire. Ce n’est pas encore gagné complètement même si chaque jour c’est un petit peu mieux. Mais, c’est la politique des petits pains comme disait l’autre, il faut vraiment être patient, ça ne se passe pas aussi vite qu’on le souhaiterait.

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GL : Merci, juste une première petite question. Je me rappelle, un jour, on avait discuté et tu m’avais dit un truc que je raconte souvent aux gens parce qu’on apprend que ça avance très lentement mais il y a quand même des choses qui s’imposent dans le paysage.

Tu me disais, à un moment donné, quand tu étais un jeune ingénieur, que tu faisais des études pour savoir si c’était intéressant ou pas de mettre du double vitrage. Du coup, quand on raconte aujourd’hui aux gens si c’était intéressant ou pas, on se dit « comment à l’époque il pouvait se poser la question de savoir s’il allait mettre du simple ou du double vitrage » alors que toi tu arrivais à la conclusion que dès fois ce n’est pas intéressant. Donc, on a fait des tours, on a fait des millions de mètres carrés avec du simple vitrage alors qu’on avait le double vitrage. On avait fait un petit calcul, on s’est dit que ce n’est pas intéressant et que ça paraît un peu absurde. C’est un peu le parallèle que nos enfants jugeront dans 10 ou 15 ans, ils diront comment, en 2020, il faisait des bâtiments sans panneaux solaires alors que ça coûtait moins cher que mettre une toiture et vous ne le fassiez pas parce que vous étiez cons ou vous étiez en fin de règne. Que s’est-il passé 2020?

AJ : Quand vous vouliez mettre du double vitrage, il fallait qu’on justifie l’augmentation du prix qui était certes beaucoup plus significative qu’aujourd’hui. Aujourd’hui il n’y a pas de simple vitrage, un simple vitrage doit coûter plus cher que le double vitrage.

Dans le solaire, il y a quand même une évolution qui est beaucoup plus rapide depuis dix ans. On va dire que les dernières années ont enclenché une baisse des prix qui avait déjà été démarré beaucoup plus tôt, mais cela s’est accéléré depuis 10 ans et ça va encore continuer. La compétitivité du solaire va être de plus en plus grande, il n’y a aucun doute là-dessus, on a gagné beaucoup en performances. Mais là où il y a peut-être le plus de rupture, c’est le couple solaire et batterie. Il n’est pas complètement avéré, pour l’instant, parce qu’on a l’impression que les batteries lithium-ion viennent d’arriver. Le prix Nobel de chimie de 2019 qui a inventé les batteries lithium-ion c’était en 1972. Et comme il dit de 1972 il a fallu attendre 1992 pour commencer à voir quelques modèles commercialisés, hors de prix, et puis les prix ne cessaient de baisser pour aujourd’hui devenir assez économique au point qu’on peut faire des voitures électriques, ce qui était impensable il y a dix ans. J’ai cherché une analogie simple pour ce couple-là afin de comprendre un peu le truc. La batterie, on connaît, ça existe, on voit ce que c’est, même si le lithium-ion a été une rupture technologique ; le panneau solaire, on voit ce que c’est. Quand on les met ensemble, il se passe un peu le même phénomène que quand on a mis un téléphone portable ensemble avec un organiseur, les trucs qui permettaient de prendre des rendez-vous, ça marchait plus ou moins bien d’ailleurs ; quand on a mis ces deux ensembles, ça a donné le smartphone, l’IPhone d’abord. D’ailleurs, tout à l’heure, il va y avoir la présentation des nouveaux Iphone, alors on a une concurrence qui est dure. On pourrait le regarder en replay.

La fusion de deux technologies, l’organiseur et le téléphone, qui étaient des technologies finalement assez banals, a donné quelque chose d’explosif. Aujourd’hui, on en fabrique un milliard, on en vend surtout un milliard d’exemplaires tous les ans.

Je prédis qu’il va se passer la même chose dans le domaine du solaire. On a du solaire dont les prix sont compétitifs et on n’a pas encore des batteries parce qu’elles sont chères et que aujourd’hui la demande est plus forte que l’offre. Mais il y a quand même des batteries qui arrivent, c’est celles des voitures. Et quand on sait qu’une voiture, la plupart du temps, ne roule pas, elle roule 10 à 15 % de son temps à peu près, ça veut dire que le reste du temps elle peut être utilisée par le solaire.

Ce couplage solaire + batterie est quelque chose d’explosif parce que notamment quand on parle d’autoconsommation, on va y revenir sûrement tout à l’heure, il y a beaucoup d’oppositions. On sent bien que les producteurs d’électricité sont coincés aux entournures parce qu’ils se disent « il faudrait que je participe à ce marché de la vente d’équipements photovoltaïques et par ailleurs je vends aussi de l’électricité ». Quelque part, on lâche la proie pour l’ombre. Donc, il y a des oppositions qui expliquent le ralentissement du marché. Le fait est que le marché, de l’autoconsommation en particulier, évolue peu, mais malgré tout, les technologies sont là. Donc, quand on met une voiture électrique avec du solaire, qu’on saupoudre tout ça de beaucoup de digital, on a quelque chose d’extraordinaire qui se met en place et qui résout beaucoup de choses.

Il y a des sujets comme la notion du TURPE qui va être réformé en août prochain. Le TURPE est le prix que vous payez pour acheminer l’électricité depuis la centrale lointaine vers votre domicile. Evidemment, quand vous autoconsommez, vous ne payez pas le TURPE puisque vous consommez sur place dans l’électricité produite par les panneaux solaires. Donc, le régulateur se dit «si on procède de la sorte, il va y avoir un manque à gagner pour le gestionnaire de réseau qui va voir ses kilowattheures remplacés par des kilowattheures produits localement.» Il est très tenté d’augmenter la part fixe de l’abonnement, ça voudrait dire que si on paie le transport de façon forfaitaire, pour schématiser, il n’y aura plus beaucoup d’intérêt de fabriquer de l’énergie solaire localement puisque le transport coûtera presque rien. C’est là qu’intervient la batterie parce que si le couple solaire + batterie permet de réduire la puissance de l’installation de raccordement, à ce moment-là, on va gagner beaucoup. Tout le jeu va consister à se fixer une limite maximale d’abonnement qui va permettre d’être assouvie par le réseau, plus, par la batterie et par le solaire. C’est une donnée qui va révolutionner complètement l’organisation des marchés.

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GL : Comment l’opérateur historique EDF a, aujourd’hui, des frais fixes très importants? Effectivement, qu’une centrale nucléaire produise un kilowattheure ou qu’elle n’en produise pas, ça coûte le même prix. Aujourd’hui, il y a des entreprises qui ont des coûts fixes très important, ensuite les gens vont économiser c’est-à-dire qu’ils vont acheter des appareils plus efficaces, faire des travaux d’économie d’énergie, produire sur place leur énergie, et comme tu viens de dire, mettre des batteries. Tout ça, à chaque fois, va venir grignoter des kilowattheures qui ne sortiront plus des centrales nucléaires. Dès que ça ne sort plus de la centrale nucléaire, ce n’est plus facturé par EDF et donc c’est de la chiffre d’affaires en moins pour EDF. Une entreprise comme EDF qui va avoir des coûts qui vont rester très haut et qui chaque année va avoir les recettes qui baissent ; une entreprise qui a, aujourd’hui, déjà 60 milliards de dettes. Qu’est ce qui va se passer?

Aujourd’hui, ils ont fermé une centrale nucléaire à Fessenheim, il est prévu qu’elle en ferme 5 puis 14 d’ici 2035. Imaginer en 2035, ils auront fermé 30 % de leurs centrales nucléaires c’est-à-dire qu’il va y avoir 30 % de recettes en moins. Ils vont avoir plus de dépenses parce que toutes ses centrales nucléaires arrêtées, il va falloir les démanteler. Donc, on imagine mal qu’EDF soutienne la transition énergétique, je ne dis pas que c’est en bien ou en mal, je dis que le directeur financier d’EFD ne peut pas soutenir la transition énergétique comme tu l’as décrit avec le développement du solaire et des batteries.

Aujourd’hui, il y a des projets de couper EDF en plusieurs morceaux pour pouvoir essayer de régler le problème. À part couper EDF en petits morceaux, je ne vois pas comment on peut régler le problème qu’on a devant nous. Ils seront toujours en train de s’opposer à tous.

AJ : En fait, c’est plus compliqué que ça parce qu’il faut le voir en dynamique. C’est vrai qu’on va consommer, faire des économies d’énergie et mettre des LED, des lampes à incandescence, on consommera moins d’électricité pour l’éclairage, etc. Mais il y a une donnée importante, c’est le fait qu’on va utiliser de plus en plus d’électricité par rapport au focide14:24 notamment, au mois de septembre, on a vendu 9 % des véhicules neufs qui étaient des véhicules électriques, et cela va peser sur le tout.

Il y a de très bonne étude, faite par l’ADEME, qui était présentée sur le blog. C’est une interview de Marchal de l’ADEME qui explique justement que l’opérateur électrique n’a pas de soucis à se faire sur les quantités d’électricité parce que, certes, on va produire localement avec du solaire une grande partie de l’énergie pour étreindre 40% voire même plus. Je pense que produire la moitié de son électricité c’est pas du tout hors de raisons.
Par ailleurs, il faudra alimenter tous ces véhicules électriques, donc il n’y a pas de soucis tant en quantité d’énergie qu’en flux sur le réseau. Je pense même que ça va être intéressant parce que les voitures seront surtout rechargées la nuit à une heure creuse, dans les périodes où le réseau n’est pas très sollicité. Ce qui est compliqué, c’est la période de fin d’après-midi, à partir de 18- 19 heures jusqu’à vers 22 heures, quand on a la pointe du soir. Là, c’est judicieux de dire que les véhicules électriques, finalement, sont raccordés sur la maison. Pendant les périodes de pointe, je vais prélever de l’électricité dans la voiture plutôt que dans le réseau et quand le réseau va devenir un peu plus calme vers la nuit on va recharger la voiture pour que le lendemain elle soit opérationnelle.

C’est quelque chose qui va voir le jour, ça existe déjà aux Pays-Bas, on peut gagner 80 Euros par mois si on procède ainsi aux Pays-Bas. En France, les tarifs de la flexibilité sont beaucoup plus faibles. En Occitanie, par exemple, il y a un projet qui est porté par l’EDF avec différents partenaires qui s’appellent FLEXITANIE et qui consiste à mettre en œuvre une centaine de véhicules électriques qui vont jouer ce rôle un peu d’aide à la flexibilité du réseau. Ce n’est pas si simple que ça et je pense qu’il y aura du boulot pour tout le monde.

La grande idée est de remplacer le pétrole par d’électricité et à partir de là on n’a pas de sujet.

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GL : Il y a une remarque de Christoph CHOBET qui dit que, aux Pays-Bas, le TURPE est basé uniquement sur la puissance et pas du tout sur l’énergie transitée.

AJ : C’est ce qui va nous arriver certainement en France.

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GL : Le problème est que si on augmente les charges fixes du consommateur d’énergie électrique, il n’a plus aucune incitation à économiser l’énergie parce que si tu payes des frais fixes importants à un abonnement très élevé et que la variable de ta facture représente une faible partie de la facture…

AJ : Tu vas baisser ta puissance souscrite. Plus les batteries vont te permettre d’effacer, plus, ça va te conduire à une attitude beaucoup plus vertueuse. On va essayer de rechercher des équipements faiblement consommateurs, puis on mettra de l’intelligence dans le réseau local pour que, quand on arrête la lumière dans une pièce pendant une demie heure, personne ne s’en rend compte. Il n’y a pas de problème, il n’y a pas d’inconfort

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GL : Je suis d’accord avec toi, mais ce qui me fait peur, c’est d’avoir des frais fixes importants parce qu’une fois que les gens ils sont équipés, ils ont acheté un équipement, un chauffage électrique, un cumulus,… ils ont besoin de dimensionner pour qu’il y ait une certaine puissance. Après, laisser les lumières allumées ou éteintes, si ça n’a pas d’impact sur leurs factures, ils vont dire aux enfants « vous pouvez laisser allumer votre chambre toute la journée. »

AJ : C’est uniquement le TURPE qui va changer mais les taxes et le coût de l’énergie seront là.

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GL : Est-ce-que, parmi les gens connectés, une vingtaine de personnes, vous avez des questions ? Est-ce-que qu’ici à Montpellier y a des questions?
J’ai prévu quelques questions à poser pour chauffer un peu la réunion. Aujourd’hui au niveau de l’autoconsommation, on est à 80 000 à peu près d’installation en France qu’on dénote, alors qu’en Allemagne ils en sont à 1,5 million. André, comment tu vois ça? Est-ce qu’on va continuer à un rythme pépère ou est-ce que ça va s’accélérer? Comment tu vois les choses dans les prochaines années sur l’autoconsommation résidentielle?

AJ : Lorsqu’on fait des enquêtes d’opinion, on s’aperçoit que la quasi-totalité des gens qui veulent faire du solaire veulent faire de l’autoconsommation. D’ailleurs, il a beaucoup de gens qui nous disent « je ne voulais pas faire de solaire parce qu’on m’avait dit qu’on n’avait pas le droit de consommer sa propre électricité. »

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GL :Il y a beaucoup d’idée reçu.

AJ : Beaucoup de gens ont effectivement refusé de faire du solaire pour le vendre au réseau. Ils trouvaient que ce n’était moralement pas très acceptable.

Quand on a fait des enquêtes avec les questionnaires, on était arrivé à des chiffres colossaux, 95 ou 97 %, de gens souhaitent faire du solaire. Aujourd’hui, on s’aperçoit que même si les conditions sont moins avantageuses, les gens préfèrent faire l’autoconsommation. On vend au réseau à 10 centimes, alors que si on vendait tout, on vendrait pratiquement à 16 ou 17 centimes.

Il y a vraiment un intérêt des gens d’autoconsommer. Cela vienne certainement du fait que c’est jouissif de consommer sa propre électricité. C’est un plaisir comme d’aller cueillir ses tomates ou aller ses pêches sur ses arbres. Depuis dix ans, j’avais une installation qui va à mon réseau, je m’en occupe pas à part faire une facture et recevoir un chèque tous les ans.

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GL : C’est un investissement.

AJ : Par contre, le fait d’avoir une installation solaire à l’autoconsommation conduit à avoir un comportement différent. On déclenche la machine à laver quand il y a du soleil, on essayait de vivre avec le climat ce qui est extrêmement satisfaisant. Jusqu’à présent, on regardait la météo sans savoir quoi en faire, or aujourd’hui on regarde la météo et on agit, on lance la machine à laver quand c’est le moment. C’est vraiment intéressant et je vous assure que c’est un plaisir.

Quand j’étais jeune ingénieur aux Antilles, je finis l’étude pour l’ADEME et on m’avait demandé de questionner des vendeurs de chauffe-eau solaire. Il y avait des Antillais qui étaient très baratineurs et l’un d’eux me dit « vous ne pouvez pas imaginer, le soir, quand je rentre de boîte et que je prends une douche, je sens le soleil écoulé sur moi. » Je me suis dit « ce mec, il est complétement en délire ». Il avait raison ce gars. Il y avait une vision sensitive du soleil, sentir le soleil sur sa peau. Il n’aurait pas fait attention s’il s’agissait d’un ballon électrique, mais cela a été un ballon uniquement solaire.

C’est un peu la même chose, il y a une idée qui court et qui va se développer, sur quoi la forfaitisation des tarifs du TURPE va nous y aider. Il va y avoir une espèce de concours pour dire « moi, je limite ma puissance », non seulement on limite la consommation mais en plus on va limiter la puissance. Le jeu va être d’avoir une puissance minimale tout en ayant le confort équivalant à celui des autres logements.

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GL : Merci pour ce retour. Pour que l’auto consommation individuelle se développe massivement, comme on l’espère tous, qu’elles sont les principaux freins qu’il faudrait lever par ordre d’importance décroissante? Aujourd’hui, quel est le premier, le deuxième et le troisième point qui bloque l’autoconsommation?

AJ : Quand on a commencé à dire qu’on pouvait injecter l’électricité sur le réseau, depuis des années, on nous a dit que c’est impossible parce que vous allez perturber le réseau. Chaque fois qu’on voulait injecter sur le réseau, je me souviens lors un projet pour le CNRS, par exemple, à Perpignan et finalement on a fait l’autoconsommation bien avant l’heure parce qu’on n’arrivait pas administrativement à régler le problème. Il aurait fallu passer en conseil d’administration du CNRS pratiquement pour signer un papier afin d’entrer dans le réseau.

Il y a eu des obstacles tout le temps, plus récemment en 2014, quand Ségolène Royal a fait passer la loi sur la transition énergétique, on a parlé pour la première fois d’autoconsommation, en 2014, le mot n’existait pas avant.

En 2016, François Hollande signe l’ordonnance prévu pour parler d’autoconsommation. Je le rencontre quelques jours après, lors de sa visite à Perpignan, et je le remercie d’avoir signé cette ordonnance. Il me fait cette confidence et me dit « vous savez, j’ai vu le moment où je ne pourrai pas la signer, tellement la pression était forte. » C’est incroyable, ça montre bien quand même qu’on a beaucoup d’amis.

Plus récemment, j’ai rencontré trois jeunes polytechniciens, parmi les plus brillants, qui terminaient leurs études et qui étaient du corps des mines.

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GL : Biberonné par M. JANCOVICI ?

AJ : Je ne sais pas, mais ils étaient très passionnés par le solaire. Ils ont fait toute une étude au sein de l’administration. Ils ont interrogé plein de gens, je les ai reçus pendant trois heures à la fin de leurs études et ils m’ont avoué : « comment faites-vous pour promouvoir cela parce qu’on n’a trouvé que des opposants partout. »

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GL : A Paris?

AJ : Oui, à Paris

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GL : Mais la France n’est pas Paris.

AJ : Oui, tout à fait. Mais c’est là-bas que se décide un certain nombre de textes. Je m’en doutai fortement, mais là j’en ai eu la démonstration. Ceci dit, les choses avancent malgré tout mais c’est la politique des petits pas, on avance doucement : on a été autorisé à injecter sur le réseau puis à autoconsommer. Même certains syndicats étaient hostiles dans l’autoconsommation. Quand j’ai commencé à en parler il y a 12 ou 13 ans à peu près avec le syndicat des énergies renouvelables, on a été mis en minorité au niveau du conseil d’administration, il n’était pas d’accord pour qu’on traite cette question.

Donc, cette année, ça avance un peu plus vite. Il faut dire qu’on a un avantage énorme, c’est l’Europe. Tout cela n’existerait pas sans l’Europe. On a des directives européennes qui se sont succédées et transposées avec tout le temps nécessaire en droit Français, puis on arrive finalement à voir des choses qui se tiennent à peu près debout, concernant les communautés des énergies renouvelables : retrouver l’autoconsommation collective au niveau des groupes de maisons. Cela est très intéressant parce qu’on va retrouver du sens de l’action collective au niveau d’un quartier ; s’échanger de l’électricité entre maisons comme quand on s’échange de la musique ou des journaux. On va pouvoir le faire ensemble ce qui est assez génial parce que ça correspond aussi à une attente de beaucoup de personnes sur des zones d’activités économiques avec des entreprises.
On est en train de faire cela à Perpignan sur Tecnosud qui est un peu la technopole de Perpignan. Il y a 150 compteurs, on est en train de les voir un par un. Je vous assure que tous sont hypermotivés par ce projet d’autoconsommation collective et sont d’accords pour investir dans le projet c’est-à-dire devenir coopérateur. On voit l’appétence que ça concourt, d’un côté, il y a des Français qui veulent échanger de l’énergie entre voisins, de l’autre, les députés Français. Ségolène Royal, avant de partir, a voté et donné naissance au bébé autoconsommation collective pour dire que c’est légal .Il y a une directive Européenne qui date de deux ans qui dit « vous devez échanger l’énergie et le prix de transport l’énergie doit être proportionnelle au coût qu’on a généré sur le réseau », tout ça existe. Pourtant, la commission de régulation de l’énergie l’interdit en disant que ça va foutre le bazar en France et ruminer EDF. Donc, il y a une envie commune des Français qui ont envie de partager, d’échanger l’énergie, mais c’est bloqué, non pas par les politiques, mais par l’administration française.

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GL : Quels conseils pourrais-tu donner, à nous, aux gens motivés à faire avancer la démocratie? En effet, c’est une question de démocratie quand les députés le veulent et l’administration le bloque, ça veut dire que la démocratie n’est plus vraiment appliquée en France. Qu’est-ce qu’on pourrait faire? Faut-il qu’on aille faire une manifestation devant la préfecture ? Est-ce qu’il faut envoyer des emails aux ministres? Qu’est-ce qui serait constructif et utile de faire d’après toi?

AJ : On constate que la commission de régulation de l’énergie a des positions qui seront un peu tranchées. Mais, les commissaires sont indépendants, ils sont nommés. Ce qu’on peut regretter quand même, c’est que quelque part, ça prenne une connotation politique. Par exemple, quand le président de la commission de régulation de l’énergie dit « si on fait de l’autoconsommation collective, des communautés d’énergies renouvelables ; on n’est pas loin du communautarisme ». On va mettre à mal la démocratie. C’est terrible. Quelle bêtise incarnée!

Alors, ça montre qu’il y a, à minima, une mauvaise connaissance du sujet, peut-être aussi, l’envie de défendre des positions de l’énergie centralisée telle qu’on l’a connu en France pendant des décennies, au moins depuis la fin de la guerre avec l’organisation.

C’est un peu la même chose. Normalement, les prix devraient correspondre aux coûts. Quand on a demandé à la creux 30:16 de définir un prix de transport, on s’était rendu compte que pratiquement traverser la rue coûtait le même prix que vous traversez la France. C’est normal, c’est le principe du timbre-poste, si vous envoyez une lettre à votre voisin, vous allez payer le même prix que si vous l’envoyez à l’autre bout de la France. Pour autant, la commission dit que « il faut que ça reflète les coûts. » Or, on sent bien qu’il y a un problème. Tout ça va être résolu, je suis sûr qu’on aura gain de cause là-dessus mais ce sont des combats d’arrière-garde qui nous font perdre du temps, qui ne permettent pas aux entreprises, d’une part, de se développer comme elles devraient le faire, d’autre part, de prendre des positions à l’international comme elle pourrait le faire. Aujourd’hui, en France, on est à la pointe dans de tout ce qui concerne le digital, des blocs chaînes, etc. On a vraiment une avance technologique mais si on n’arrive pas à mettre en pratique ces choses chez nous, on ne pourrait pas les exporter. Je veux bien qu’on nous dise qu’on peut exporter directement sans avoir expérimenté chez nous, mais il vaut mieux quand même avoir quelque référence chez nous.

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GL : On voit bien, aujourd’hui, TESLA qui a expérimenté sur son terrain et qui, maintenant, part à travers le monde parce que leurs voitures sont compétitives. Donc, si on n’a pas marché intérieur, c’est compliqué de partir uniquement en from scratch à l’international. Par rapport à l’autoconsommation collective, il y a pas mal de frein, très peu de projets sont faits or que la loi a maintenant deux ou trois ans. Il y a une quinzaine de projets qui sont faits avec des subventions c’est-à-dire qu’on met des taxes, on empêche les gens d’échanger l’énergie à un prix intéressant. Du coup, comme on surtaxe l’échange d’énergie, on met une subvention. On vous demande juste qu’il n’y ait pas de subvention, pas d’aide et qu’on laisse les gens à appliquer la régulation européenne. C’est un peu dommage, qu’il y a quand même beaucoup d’opposition.

AJ : Le fait de mettre une subvention permet d’avoir pour l’administration le pied sur le frein. Si jamais les choses venaient à s’emballer, on pourrait réduire un peu parce que le problème est qu’il faut augmenter les volumes ; vous savez qu’il y a une programmation, une feuille de route pour la France 2023, 2028. En 2023, on sait qu’on n’atteindra pas les chiffres, c’est évident, puisqu’il faudrait doubler le parc installé aujourd’hui. On a à peu près 10 gigawatts installés en France, 10.000 mégawatts. Il faudrait le doubler d’ici 2023, ce qui est une mission impossible car on ne pourra pas faire 3 gigawatts par an pendant 3 ans. Pour 2028, il faudra encore doubler une deuxième fois et avoir un parc de 40 gigawatts, 4 fois le parc d’aujourd’hui. Ce sont des chiffres qui ont été rappelés par la ministre de l’écologie, récemment, lors du sommet de l’Alliance internationale pour le solaire. Ces chiffres peuvent être retrouvés sur la vidéo de cet organisme, ils ont été publiés, c’est la feuille de route, c’est la PPE.
On a des objectifs, mais on va tout faire pour ne pas les atteindre en mettant des obstacles qui vont faire que les choses vont aller moins vite que prévu.

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GL : Du coup, quels sont tes conseils par rapport aux freins à lever? Est-ce que tu agonises de sensibiliser l’opinion publique ?

AJ : Tout viendra des citoyens.

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GL : Du coup, il s’agit de faire des projets quitte à ce qu’ils soient subventionnés, mais au moins, ça fait parler au niveau local, les intérêts des élus locaux voient l’intérêt. Après, ils font bloc avec les citoyens, et progressivement, les gens, à Paris, ils vont finir par se rendre compte que tous ces projets d’autoconsommation sont des financements locaux ; ce sont des gens qui investissent dans leur quartier. Donc ce n’est pas du tout du communautarisme, on investit pour mettre en commun. C’est comme si on mettait un potager ensemble et on irait à tour de rôle chercher les tomates en fonction de la production. Ce n’est pas du tout du communautarisme, c’est créer du lien social au niveau local. Il est dommage que cela soit bloqué au niveau national. Je pense que les Français le comprennent, mais c’est toujours très long pour que ça puisse progresser.
Une remarque de Nagi qui disait par rapport à ce tu parlais, tout à l’heure, concernant le PV plus batteries. Cela se développe, en Allemagne, notamment les PV plus batteries avec des modèles économiques. Voici la question de NAGI : quand est-ce qu’on va voir ce même mouvement en France? Qu’est-ce qui manque pour que ça puisse se développer en France?

AJ : Quand on est dans un pays favorable, on parle de l’Allemagne, mais on pourrait parler de l’Italie ou même de la Grande-Bretagne qui a, une fois et demie, plus de panneaux solaires qu’en France. Alors, les méchantes langues vous disent « c’est qu’il y a pas de soleil », c’est un peu raccourci. Quand vous allez en Écosse, il y a beaucoup de panneaux solaires sur les toits. Aujourd’hui, ils ont 14 gigawatts, on n’en a que 10. L’Allemagne est un pays très favorable, qui a une dizaine d’années d’avance sur nous en matière de prise de conscience sur l’environnement. Naturellement, on va y venir. Les événements qui s’accélèrent vont nous contraindre à avoir ça.

Je suis persuadé que ce couple batteries dans la voiture électrique plus le panneau solaire est un couple détonnant. Autant, on était sur des développements relativement linéaires, lents, même s’il y a une progression, on risque d’avoir des ruptures parce que les gens qui passent à l’électrique ne reviendront jamais au thermique. Tous les gens qui ont une voiture électrique, ils en sont hypersatisfaits. Si en plus, vous leur dites « vous avez une voiture électrique et que vous devez avoir du solaire, d’abord pour recharger votre voiture au solaire et rouler au solaire » c’est le truc classique et c’est le luxe absolu.

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GL : C’est une question de liberté. On n’a besoin de personne, on va chez soi, on se recharge et on repart.

AJ : Puis, vous aurez des gens qui vont inventer des choses, des box intelligentes, je pense que tu en feras partie, qui vont permettre de marier tout ça et de faire en sorte que l’on puisse baisser la puissance souscrite. Tout à l’heure, je vous disais que la voiture connectée sur la maison permet de pouvoir éviter la pointe de consommation. Mais cette dernière, on le fait pour le bien du producteur d’énergie, cette électricité produite en pointe coûte cher à produire. On peut aussi le voir du point de vue de l’utilisateur qui lui va dire « je vais limiter ma puissance maximum et quand j’aurai atteint le maximum, je ferai jouer ma batterie. »

***

GL : Selon Alain, si on veut pousser l’autoconsommation, il faut être plus transparent sur les coûts et plus particulièrement sur les petites installations où il y a quelque chose de pas clair. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus?

AJ : Cela rejoint le problème qu’on a avec les éco-délinquants. Il y a une forte appétence du public pour le solaire, les gens sont très disposés à investir, puis, il y a des malins qui ont compris que c’était une source de revenus et qui vendent à des prix très chers les installations solaires, en faisant croire tout et n’importe quoi. Par exemple, avec quelques panneaux solaires, on pourra se passer totalement du réseau, ce qui est faux. Il ne faut absolument pas pousser les concitoyens à penser ainsi.

Cette approche, elle va se développer de plus en plus. Il faut qu’on ait absolument des installateurs de qualité. Pour ça, le seul maître mot est le label Rg2. Aller sur le site de l’ADEME « faire » et vous aurez la liste des installateurs de votre contrée, de votre canton, de votre commune qui sont qualifiés et ont les labels, que ce soit Qualibat, Qualit’EnR que je préside ou de Qualifelec, par exemple, quand il s’agit de l’électricité. Vous aurez des installateurs non seulement qualifiés et formés, mais aussi qui ont démontré leur savoir-faire puisqu’on les aura audité et on viendra les inspecter régulièrement.

Malgré les 23 000 entreprises qui sont qualifiées, il existe, malheureusement, quelques personnes qui passent à travers les mailles du filet. Mais, elles seront vite repérées et seront exclues du dispositif. Donc, reportez-vous au site de l’ADEME et ne choisissiez que des installateurs, RJE, reconnus garants de l’environnement.

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GL : En plus, au RJE, vous avez accès aux primes et aux avantages fiscaux, donc ça parait un peu fou de prendre le risque de travailler avec des éco-délinquants qui, en plus, ne vous donneront pas accès à la prime.

AJ : Les éco-délinquants ne disent pas qu’il existe des primes. En plus, ils s’adressent souvent à des populations âgées, des gens qui ont envie de faire un geste pour l’environnement, mais qui, malheureusement, se font avoir. Les associés des consommateurs sont dessus. On a beaucoup de réunions avec les ministères, avec la direction de la concurrence, pour essayer de les empêcher de nuire. Mais, il faut reconnaitre qu’ils sont coriaces, et parfois, lorsqu’on arrive à les faire condamner, ils disparaissent, déposent le bilan et renaissent le même jour à la même adresse avec un autre nom.

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GL : C’est terrible.

AJ : Il ne faut pas hésiter à dénoncer les malfaisants.

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GL : Une question sur le plan de relance du gouvernement post-Covid, il y a des choses sur l’hydrogène et les grosses installations solaires ; pour les particuliers, il y a eu un bouquet de services sur l’isolation, ce qui est très bien de pouvoir aider les gens à consommer moins, mais sur pour le solaire notamment l’autoconsommation individuelle, il n’y a rien.

AJ : Tout d’abord, le plan de relance, il est urgent, il faut le mettre en œuvre tout de suite puisqu’il s’agit de récupérer par une mise en œuvre et une radiation de travaux les quatre points de PIB qui nous manquent pour pouvoir retrouver correctement, en début 2023, le même niveau d’activité que nous avions avant la crise. Honnêtement, sur les particuliers, il n’y a pas grand-chose, si ce n’est le bouquet de travaux. Mais il y a des choses intéressantes, c’est le fait que pour la première fois, l’autoconsommation dans les bâtiments publics est considérée comme une économie d’énergie. L’État, quand il a besoin d’alimenter ses propres bâtiments, n’hésite pas à faire des efforts et à considérer ce qu’on nous a toujours refusé ; que le solaire notamment l’autoconsommation comme le chauffe-eau solaire soit considérée comme un dispositif d’économie d’énergie.

Alors, pourquoi c’est important? Parce que le jour où ça sera reconnu, on pourra bénéficier des certificats d’économie d’énergie, bénéficier du crédit d’impôt et de tous les dispositifs d’aide. Aujourd’hui, dans le bouquet de travaux, vous pouvez avoir de l’isolation et mettre un chauffe-eau solaire mais vous ne pouvez pas mettre des panneaux solaires en autoconsommation. Cette anomalie, il faudrait la résoudre. Le fait que ça commence par les bâtiments publics est une très bonne chose, je dis que le pied dans la porte. Il faut qu’on ouvre la porte grande. Je vois qu’il y a pas mal de projets, dans le secteur de la santé, dans les prisons et de la justice, qui sont en train de sortir et quand ils vont voir comment ça marche, l’intérêt que ça a, ils vont peut-être desserrer les choses. Cela fera partie des petits pas qu’on pourrait obtenir l’année prochaine.

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GL : Effectivement, c’est un long chemin, ça s’avance à petit pas, mais ça progresse dans le bon sens. Merci pour l’information, je n’avais pas bien compris ça. Qu’est-ce que tu penses de l’hydrogène? Est-ce que c’est l’ami du solaire? Est-ce que c’est de la poudre aux yeux, des espèces de chiffon rouge qu’on nous montre au loin et qui dans 20 ans, 30ans permettent de faire des choses au niveau énergie. Quel est ton avis?

AJ : Il faut savoir que l’hydrogène vert est celui qu’on produit à partir de l’électrolyse de l’eau. Le cycle compris n’est pas très bon c’est-à-dire que la quantité d’électricité qu’on met au départ et celle qu’on restitue à la fin permet de récupérer 15% de l’électricité. Autrement dit, ce n’est pas adapté à des usages de courte durée. C’est la batterie lithium-ion, en particulier, qui à mon avis va être la norme pour encore 10 ans ; c’est la batterie qui va être le plus utilisé. Par contre, lorsqu’il faut stocker sur une plus grande période, l’hydrogène peut être intéressant. Dans certains cas, on va avoir de la surproduction l’été parce qu’il y a des usages estivaux. Déjà l’été de cette année, à un certain moment, les dimanches matin, en Allemagne, les prix de marché sont devenus inférieurs à zéro c’est-à-dire que le prix de l’électricité est négatif.

Incroyable! On était habitué aux taux de la Banque européenne, mais on n’avait pas encore vu ce système au niveau des prix simplement parce qu’à un moment donné, il y a trop de production sur le marché, notamment de production fatale d’électricité solaire et éolienne, un petit peu moins de qualité, surtout solaire. On a plus de production que de demande, donc on va payer les gens pour qu’ils consomment d’électricité. À ce moment-là, l’hydrogène peut être intéressant parce que le prix de revient de cette électricité est quasiment nul. Ainsi, on peut produire de l’hydrogène, et comme le prix de départ est nul, quel que soit le rendement de l’opération, la rentabilité du projet est toujours intéressante. Reste à voir le nombre d’heures de fonctionnement des électrolyseurs et les études devront être faites là-dessus.

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GL :  Une question sur tout ce qui est assurance. Aujourd’hui, les artisans ont beaucoup de mal à s’assurer, tu es bien au courant du sujet et milites pour aider les artisans à accéder à l’assurance. Aujourd’hui, c’est compliqué, il y a des bons artisans qui n’ont pas de sinistres et leurs assureurs, du jour au lendemain, les appellent et leur demandent d’aller sur l’assurance automobile, l’assurance maison; mais d’arrêter le photovoltaïque. L’artisan se retrouve à chercher un autre assureur et il n’en trouve pas.
Qu’est-ce qu’on peut faire pour aider ces bons artisans qui ne peuvent plus exercer leur métier?

AJ : Je pense que c’est une des conséquences de cette notion d’intégration au bâti qui a été promu par le pouvoir public. Pourquoi? Parce que je trouve que c’est une bêtise de passer les études de canal pour mettre les panneaux solaires à l’intérieur alors qu’on aimerait poser des panneaux solaires sur le toit, comme on le fait aujourd’hui. Du point de vue esthétique, cela ne change rien, simplifie le problème et diminue les coûts. Mais, c’est peut-être cela qu’on ne voulait pas. On ne voulait pas trop diminuer les coûts pour éviter une fois de plus que les choses vont mal.

Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui? On a fait un gros travail avec les pouvoirs publics, les assureurs, l’agence Qualité Construction, pour remontrer les bases sur lesquelles on était parti, la qualification des entreprises qui permettait d’écarter les malfaisants. Ces jours-ci, un accord entre la SMA BTP, compagnie d’assurance proche de la Fédération du secteur du bâtiment, et le GMPV, Groupement des installateurs affilié à la Fédération du bâtiment, pour permettre d’assurer une décennale aux installateurs. Cela va ouvrir une brèche et progressivement les autres compagnies d’assurance vont rentrer dans le jeu. On devrait avoir, en début d’année prochaine, un contexte qui sera largement pacifié.

***

GL : Les assureurs ont fait leurs statistiques, ils ont vu beaucoup de problèmes d’étanchéité, mais ils n’ont pas compris que c’était fini, l’intégration de bâti est terminée et que maintenant c’est de la surimposition.

AJ : Quand vous êtes dans le comité directeur, vous ne regardez pas tous les détails. J’ai connu le même problème, à l’époque des chauffe-eau solaires, dans les années 80. Il y avait un rapport aux sinistres surprimes qui était négatif, mais on n’était plus assuré sur les chauffe-eau solaires. Donc, il a fallu plusieurs années pour montrer qu’on a fait des garanties de résultat afin de bénéficier à nouveau d’une assurance.

***

GL : Que penses-tu de l’auto-installation d’autoconsommation? Pour les gens qui sont un peu bricoleurs, est-ce que tu leur conseilles de se lancer dans l’aventure ? Qu’est-ce que tu en penses?

AJ : C’est un sujet très délicat parce qu’il y a des bricoleurs qui sont aussi compétents que des installateurs, voire parfois plus. Il y a des gens qui mériteraient d’avoir les qualifications, donc, il pourrait effectivement le faire. Mais je pense, quand même, qu’une installation ne serait-ce que parce qu’elle touche à des questions de sécurité, doit être faite par un installateur qualifié bénéficiant de tous les certificats nécessaires. De ce fait, nous préconisons de prendre QualiPV afin d’avoir moins de risque d’avoir des problèmes de fonctionnement. Il y a aussi les primes d’assurance, si vous faites vous-même l’installation, de toute manière, il faut qu’il y ait un contrôle qualité effectué par le CONSUEL, pour vérifier que l’installation est conforme aux normes. En France, beaucoup de gens qui construisent leur maison font eux-mêmes leur installation électrique, mais il faut qu’elle soit physiquement contrôlée.

On ne peut pas donner de vérité générale. J’ai vu des installations qui étaient vraiment bricolées et qui ne méritaient pas d’être qualifiées. Mais si quelqu’un est compétent, il n’y a pas de raison de l’exclure.

***

GL : Il faudrait qu’on puisse l’autoriser, mais les professionnels auront à vérifier, à la fin, si tout est installé correctement dans les règles de l’art.
Quand on regarde sur les sites internet le prix en Belgique, en Allemagne, on voit que le Kilo n’est pas très cher. Le prix est de 5000 euros en Italie, 6000 euros en l’Allemagne et en France autour de 10 000 euros.

AJ : On en trouve moins cher, mais il ne faut pas hésiter non plus à mettre en concurrence. Quand vous avez sur votre commune, deux ou trois installateurs sous votre Canton, il faut demander des devis car c’est un moyen de se rapprocher des vrais prix de marché.

***

GL : Ensuite, il y a des nouveaux acteurs qui arrivent : le Do it Yourself et les gros acteurs dans l’ameublement, comme Ikéa, qui a lancé une offre le 22 septembre. Donc, est-ce que cela veut dire que ça se popularise? Effectivement, le grand public commence à s’y intéresser. Pour le Do it yourself, c’était le marchand de pièces détachées automobiles qui s’était lancé dessus, maintenant, c’est l’ameublement. Est-ce que tu penses que demain on trouvera chez Carrefour, Auchan; on cliquera sur Amazon et on aura le lendemain un 3 kilos chez soi avec l’abonnement prime ?

AJ : Tout cela existe déjà aux Etats-Unis, ils ont des sociétés qui vous garantissent l’installation 24 heures après la commande.

***

GL : C’est incroyable ! Ils n’ont pas de déclaration de travaux à faire.

AJ : L’élément déclencheur est que quand vous passez commande aujourd’hui, demain ils vont installer. Alors, il faut avoir la logistique pour le faire ; le fait de l’avoir tout de suite est un élément qui permet de provoquer l’acte d’achat. En termes de marketing, on sait que les Américains sont assez bons. En France, on n’en est pas encore à ce stade parce que le marché n’est pas assez fluide. Pour les grands distributeurs, notamment IKEA, il vend déjà des cuisines que vous pouvez installer vous-même ou par des installateurs agréés. Je pense qu’IKEA aura des installateurs ne serait-ce que pour les contrôles qualité qui seront homologués par Voltalia.

Cela me semble être un phénomène tout à fait naturel. La technicité est grande, mais il n’y a pas de système de dimensionnement trop complexe. Pour 3,4 ou 5 kilos, on peut facilement se décider en fonction du type d’équipement qu’on possède à la maison. Il serait plus délicat quand il faudrait intégrer la voiture électrique dedans. À part ça, je pense que c’est à la portée de l’installateur standard de pouvoir faire le dimensionnement et intégrer les box qui vont pour pouvoir gérer le tout.

Après, on verra qui va se mettre dessus parce que les opérateurs énergétiques à savoir EDF, ENGIE, TOTAL vont certainement arriver sur le marché et il y a aussi des gens qui partiront de zéro. Beaucoup de gens s’attendent qu’on n’ait plus besoin de subventions pour se lancer. On entend souvent et on surveille un peu.

Le jour où il n’y aura plus besoin de subventions, on va déployer parce que le moment sera venu, les prix seront plus bas. Quand on arrive à des prix de 5000 euros, 4000 euros, avec un crédit qui va bien, c’est des choses qui sont assez faciles à commercialiser.

***

GL : C’est clair. En parlant de commerce, aujourd’hui, il y le plan de relance notamment la question d’une fabrication française. On a quelques fabricants français qui ne sont pas vraiment des fabricants mais qui sont des intégrateurs de cellules asiatiques ou européennes. Il n’y a pas vraiment de fabricants complètement intégrés parce que pour cela il faut fabriquer des cellules. Photowatt le faisait, mais comme il n’est pas en grande santé financière actuellement, je ne sais pas s’il a continué à investir.

Il y avait un projet dans l’Est de la France avec la Suisse et l’Allemagne, pour réinvestir entre 500 millions et 1 milliard afin d’essayer de relancer effectivement une filière européenne. Les premiers calculs que j’avais pu voir affichaient qu’on pourrait faire des panneaux en France à un prix chinois sur le sol européen. Il suffisait de mettre de l’argent sur la table.

Est-ce que tu as suivi ces projets? Est-ce que tu trouves que c’est une bonne idée de réinvestir en France pour pouvoir fabriquer des panneaux complètement intégrés? Aujourd’hui, il y a beaucoup de fake news autour des panneaux solaires. Beaucoup de gens achètent des panneaux chinois en mettant un autocollant français dessus, or dans ces panneaux seuls l’autocollant est français. Du coup, quand un consommateur, qui n’a pas très bien compris ou qui est sous-informé, voit un panneau chinois avec un autocollant français, il se dit « j’ai fait un bon geste pour la planète, j’ai acheté un panneau français », mais il se trompe. C’est malveillant! Le seul moyen de s’en sortir serait de faire une fabrication française.

Est-ce que tu crois que c’est possible? Est-ce que c’est des sujets qui reviennent au niveau du syndicat? C’est clairement utopique ! Maintenant, Photowatt n’a pas investi bien qu’il fut t le troisième plus gros fabricant mondial de cellules, il y a 20 ans. Est-ce qu’il existe encore aujourd’hui un potentiel de revenir faire de la cellule en France?

AJ : Quand on visite des unités de production chinoises, ce qui marque le plus, c’est l’automatisation de la production notamment pour les cellules. Tout est entièrement automatisé parce que c’est de l’industrie qui vient du secteur de l’électronique organique. On retrouve, au fur et à mesure, les panneaux monocristallins qui s’imposent partout parce que la fabrication des wafer de grande taille s’est développée. Les derniers modèles des cellules font plus de 20 cm de côté. Au mois d’août, lors d’un Salon à Shanghai, la plupart des panneaux solaires de toutes les marques présentaient des modules qui faisaient plus de 500 watts, même 600 watts pour les plus puissants. On voit bien que les panneaux solaires évoluent très vite.
En France, on a une attitude qui consiste à chercher la rupture technologique. On avait des centres de recherche comme l’INES qui a recherché et affirmé que « on ne pourra pas rentrer sur le marché si on n’a pas la rupture qui révolutionne le marché. » On attend la rupture et on peut attendre longtemps.

Les Chinois, les Asiatiques en général, notamment Taïwan qui fait beaucoup de cellules, ont tendance à faire une innovation incrémentale. Ils partent avec ce qu’ils ont puis tous les ans il gagne un demi-point de rendement. Finalement, au bout de 10 ans, ça fait 5 points. Donc, on s’aperçoit, aujourd’hui, qu’ils ont vraiment des choses très importantes telles que des usines très automatisées, pour beaucoup équipées de matériels fabriqués en Europe ou aux Etats-Unis. Finalement, on se dit que ces usines pourraient être chez nous sauf qu’il y a des jeunes industries installées.

Il y a 10 ans quand je suis allé en Chine, pour la première fois, j’ai visité cinq ou six entreprises les plus importantes et j’ai rencontré les patrons de ces boîtes. Quand je suis revenu, je suis allé voir les gens du ministère de l’Industrie à Paris, en leur disant « ils sont en train d’investir à peu près 5 milliards de dollars dans le solaire pour construire de l’industrie. » J’ai eu une réponse polie de mes interlocuteurs qui m’ont dit que « c’est très bien tout ça, mais nous, on considère que le solaire restera à jamais un gadget. »

***

GL : Quelle ignorance ! Quelle incompétence !

AJ : Oui, peut-être, mais ils ont fait des analyses. C’est vrai que quand on regarde un panneau de 300 watts, alors qu’on est habitué à parler d’un gigawatt de PR, 1600 mégawatts ; ce n’est pas le même ordre de grandeur. On est objectivement relégué au niveau du gadget. Force est de constater que, dix ans plus tard, ils n’avaient pas raison. D’ailleurs, je me souviens, une fois j’étais allé à l’Élysée où je connaissais un conseiller de l’Élysée, qui s’appelle Castex, c’était en pleine crise du solaire. J’envoie un message à Jean Castex en lui disant « il faut que tu me fasses rencontrer des collaborateurs du président pour lui expliquer un peu ce qui se passe. » Donc, j’ai rencontré le conseiller en charge de l’énergie et de l’industrie et je lui explique. Il me dit écoute « on ne va pas y aller par quatre chemins, on va être rapide, chaque fois que le solaire gagne un point de part de marché, EDF perd 250millions d’euros de chiffre d’affaires. Vous avez compris où est le problème, ce n’est pas la peine que je vous explique plus longtemps. » J’ai répondu que « je vous comprends, tout à fait, sauf qu’à ce rythme, on n’aura jamais d’industrie en France.» Il m’a dit « c’est mon problème », parce qu’il est chargé de l’énergie et de l’industrie. On s’est rencontré quelques années plus tard à la tribune d’une même conférence à Paris, il était chez Montebourg et travaillait beaucoup pour industrialiser la France.

***

GL : L’heure tourne, André ce que tu nous as raconté est passionnant. On a passé une heure vraiment incroyable. Merci beaucoup.
On arrive à la fin, un petit mot de la fin avant qu’on se quitte?

AJ : Ce métier est passionnant, si vous voulez vous amuser dans la vie, faites du solaire. C’est un moyen de rester jeune et surtout si vous rentrez maintenant dans le solaire, il est évident que c’est le moment où tout va commencer, c’est maintenant qu’il faut venir. Je suis persuadé qu’il y a de beaux jours devant nous.

***

GL: C’est passionnant, merci André. Je vous remercie tous pour votre participation et vos questions. Bonne soirée à vous et à bientôt sur Comwatt TV !

TECSOL est l’une des premières sociétés indépendantes spécialisées en énergie solaire, intervenant dans le domaine des études et de l’expertise et de la maîtrise d’œuvre

Ingénieur Arts & Métiers, André Joffre milite pour le développement de l’énergie solaire depuis 40 ans. Il a assuré de nombreux mandats professionnels parmi lesquels :

  • Fondateur et ancien PDG de la société de technologie TECSOL SA
  • Président du pôle de compétitivité DERBI en région Occitanie
  • Fondateur et administrateur du syndicat français de l’énergie solaire ENERPLAN
  • Président de l’organisme de qualification des installateurs QUALIT’ENR
  • Vice-président de la CCI des Pyrénées-Orientales
  • Président de la Banque Populaire du Sud et de la Fédération Nationale des Banques Populaires

Riche de 40 collaborateurs fortement qualifiés et judicieusement répartis dans ses multiples agences régionales, TECSOL est en capacité d’intervenir sur tout le territoire national ainsi que dans les DOM-TOM.

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Pour comprendre la transition énergétique, faut-il écouter les théoriciens ou ceux qui sont sur le terrain ?

COMWATT décide de faire parler le terrain et organise gratuitement tous les mardis un café-débat de 18h30 à 19h30,  pour vous aider à démêler le vrai du faux. Sans sujet tabou, du moment que c’est fait avec respect. Chaque mardi, nous invitons aussi des champions, des associations de consommateurs, des experts, des citoyens impliqués etc…

Et cette semaine, nous avons eu le plaisir de recevoir l’une des personnalités les plus emblématiques du secteur de l’énergie solaire : André JOFFRE, Fondateur de TECSOL. Nous avons abordé ensemble la question : Le solaire face au plan de relance gouvernemental.

Dans cette vidéo, il explique

# Pourquoi comptabiliser la production #solaire comme dispositif d’économie d’énergie dans les bâtiments public est la porte ouverte vers un changement radical ?

# Pourquoi le solaire est bloqué depuis 1986 en France ?

# Comprendre que sans l’intervention de l’Europe dans les années 2000, nous n’aurions pas de renouvelables en France.

# Comprendre que les panneaux avec des batteries est une disruption qui va boulverser le marché

# La place de la voiture électrique dans ce dispositif(exemple du projet flexitanie)

# Pourquoi les producteurs de l’ancien monde freinent ?

# Pourquoi les assurances du solaire sont difficile à obtenir et quel sont les signes d’espoir

# Quel sont les levier pour accélérer la transition ?

# Faut-il installer soi-même les #panneaux solaires ?

# Comment bien choisir son artisan ?

# Faut-il relocaliser la fabrication des panneaux en France ?

# Que disent les sondages d’opinion sur l’envie des français de passer à l’#autoconsommation ?

TECSOL est l’une des premières sociétés indépendantes spécialisées en énergie solaire, intervenant dans le domaine des études et de l’expertise et de la maîtrise d’œuvre

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  • Fondateur et administrateur du syndicat français de l’énergie solaire ENERPLAN
  • Président de l’organisme de qualification des installateurs QUALIT’ENR
  • Vice-président de la CCI des Pyrénées-Orientales
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Riche de 40 collaborateurs fortement qualifiés et judicieusement répartis dans ses multiples agences régionales, TECSOL est en capacité d’intervenir sur tout le territoire national ainsi que dans les DOM-TOM.

Alors… quelles questions ont été posées ?

De très nombreuses questions ont été abordées et nous remercions chaleureusement tous les participants à ce débat constructif et instructif. Par exemple, faut-il investir dans une batterie solaire ? Quel avenir pour l’autoconsommation collective ? Quelle place pour le solaire dans ce plan de relance ? Et encore bien d’autres questions.

N’hésitez pas à déposer vos commentaires sur cette page afin de continuer le débat. Nous vous répondrons avec un grand plaisir.

Envie de débattre en direct avec nous ?

Ces cafés-débats ont lieu tous les mardis en fin de journée. Réservez votre place et venez poser toutes vos questions à notre équipe et à notre invité de la semaine.JTNDJTIxLS1TdGFydCUyMG9mJTIwVGF3ay50byUyMFNjcmlwdC0tJTNFJTBBJTNDc2NyaXB0JTIwdHlwZSUzRCUyMnRleHQlMkZqYXZhc2NyaXB0JTIyJTNFJTBBdmFyJTIwVGF3a19BUEklM0RUYXdrX0FQSSU3QyU3QyU3QiU3RCUyQyUyMFRhd2tfTG9hZFN0YXJ0JTNEbmV3JTIwRGF0ZSUyOCUyOSUzQiUwQSUyOGZ1bmN0aW9uJTI4JTI5JTdCJTBBdmFyJTIwczElM0Rkb2N1bWVudC5jcmVhdGVFbGVtZW50JTI4JTIyc2NyaXB0JTIyJTI5JTJDczAlM0Rkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSUyOCUyMnNjcmlwdCUyMiUyOSU1QjAlNUQlM0IlMEFzMS5hc3luYyUzRHRydWUlM0IlMEFzMS5zcmMlM0QlMjdodHRwcyUzQSUyRiUyRmVtYmVkLnRhd2sudG8lMkY1YzM1ZDk1MDEyZGIyNDYxYjE2YjU5NDklMkYxZGp0dHFtZnElMjclM0IlMEFzMS5jaGFyc2V0JTNEJTI3VVRGLTglMjclM0IlMEFzMS5zZXRBdHRyaWJ1dGUlMjglMjdjcm9zc29yaWdpbiUyNyUyQyUyNyUyQSUyNyUyOSUzQiUwQXMwLnBhcmVudE5vZGUuaW5zZXJ0QmVmb3JlJTI4czElMkNzMCUyOSUzQiUwQSU3RCUyOSUyOCUyOSUzQiUwQSUzQyUyRnNjcmlwdCUzRSUwQSUzQyUyMS0tRW5kJTIwb2YlMjBUYXdrLnRvJTIwU2NyaXB0LS0lM0U=

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